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Une extranéité, une inquiétude sourdent de ces rivages que sont les sculptures de Christine Nathan. Peut-être parce qu'elles vivent leur impudique métamorphose sans la conscience de la transgression, et qu'elles sont au moins aussi étranges que l'art topiaire d'un jardinier d'un pays étranger. La sculpture que Christine Nathan nomme Le scarabée, je le vois scorpion. Etymologiquement, le mot vient de blessure. Cette métamorphose kafkaïenne ne se blesse pour mourir mais pour muer, sans rien renier. Elle ne s'arrache rien par honte, elle se transforme elle-même. Ses bras - tentacules, en forme de cercles, symbolisent la renaissance. Je sens du danger à roder auprès des sculptures de Christine Nathan, qui sont des endroits du réel. D'ailleurs L'irruption du réel veut son lot de misère, et sa livre de chair.
Je crois que l'art est le territoire de la divination. Les sculptures de Christine Nathan sont les paroles dansantes du dieu. Le logos se meut et l'art le montre tandis qu'il se dévoile l'instant de nous laisser croire qu'il est saisissable, et puis le dieu se met à hurler de rire et s'en va en dansant.
L'artiste est seule et elle le sait. Elle a abordé au rivage de cette île habitée par les dieux impitoyables où elle y a laissé sa signe - nature.
Les sorcières savaient que le vent est un chorégraphe ; elles voyaient le monde se dérouler dans la danse gnostique du feuillage. Il y a dans des sculptures de Christine, des excroissances imprévisibles, un agir lyrique, une chorégraphie de la dissociation afin d'être le maître de sa destinée. La liberté ne se marchande pas.
Christine Nathan expose jusqu'au 12 octobre à la Galleria Stella, via di San Calisto, 8 (Trastevere).
N.B. Les mots extranéité, inquiétude et danger ont souvent une connotation négative. Pas pour moi. Quand j'ai une idée nouvelle, j'ai une sensation physique qui ressemble à ce qu'on nomme de la peur. Or, c'est le signal que je viens de découvrir quelque chose, et qu'il y a donc un risque ; et je l'éprouve.
Gilles Fallot |
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Christine Nathan a cheminé à travers l'imaginaire du corps dans une représentation d'abord figurative, puis peu à peu, abandonnant cette enveloppe formelle, dans l'expression plus directe, parfois plus brute, mais toujours plus fidèle, des émotions et des pulsions vitales.
Ses sculptures se situent à mi-chemin entre réalisme et conte fantastique. Les œuvres actuelles de Christine Nathan nous entraînent dans un univers à la fois étrange et proche : étrange par ses images peu conformes et proche par la traduction directe, sur le matériau, des pulsions, des tensions intérieures se déployant dans le sens d'une quête. ... Des formes qui surgissent de l'émotion corporelle, qui s'étirent, cherchent, explorent les chemins de l'énergie, de la vie. ... Des formes étranges qui émergent et dessinent les contours d'un moment, d'une recherche de l'autre. ... Des êtres hybrides, des silhouettes parfois monstrueuses pleines de force charnelle. ... Des corps proliférants qui se pénètrent, s'enchevêtrent, s'extraient, se différencient pourfendre toujours vers un point limite. ... Des mouvements de bras et de jambes qui s'étirent dans une quête d'absolu. Ou' arrive-t-il au corps, aux corps, quand ils s'autorisent les débordements et les rencontres, l'écoute de l'autre et la résonance ? Jusqu'où aller pour toucher et faire partager ce langage ?
Son écriture plastique très personnelle exprime notre quête d'infini, dans les aventures de l'expression du corps, dans les déformations et extensions, dans ces représentations qui font surgir un autre monde. Beaucoup d'harmonie plus encore que de beauté dans ces mouvements aux limites des formes humaines ; mais un trouble peut nous saisir devant ces expressions de l'humain parfois si étranges. Chez Christine Nathan, il est question de la métamorphose du corps dans l'aventure du regard.
Anne-Laure |
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2006 |

2005 |

2003
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2001
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* catalogues disponible sur demande.
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