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AREASelon Christine Nathan «  La tendance la plus profonde de l’homme, c’est sa marche vers l’équilibre ».
C’est bien la sienne quand elle construit ses sculptures, une recherche de l’équilibre dans un univers ou la fragilité risque l’effondrement. Ce n’est pas un travail d’érection totémique, mais la quête par des tensions internes, d’un vide qui maintient la forme en place, ou la matière soufflée d’un rien fait naître les résurgences fébriles d’un être qu’on croirait avoir rencontré.
Lorsque Christine Nathan représente un couple, celui-ci n’apparaît pas comme une réunion de deux personnes mais comme la fraction en deux parties une même unité.
Comme si le couple était avant le un. Comme si l’être primordial fait de deux morceaux essentiels était l’objet unique de sa quête.
Comme si sculpter était diviser…comme si diviser était comprendre.
Et pour un tel propos qui ne parle qu’a un œil intérieur, il faut une matière qui existe d’elle même et s’efface devant l’image.
Et surtout un geste pudique, un geste de vie, répugnant a l’expression. Comment parler de ce sentiment constitutif de l’être si celui-ci était avant tout ce déséquilibre essentiel ? Sinon en évoquant l’intuition du funambule, celle qui lui permet de réaliser ses exploits. (Alin Avila)

Contact : area@area-paris.com


Tout pour les femmesChristine Nathan, médecin et sculpteur. Après avoir exercé la médecine pendant de longues années, Christine Nathan, qui collabore à Toutpoutlesfemmes.com, se consacre désormais exclusivement à la sculpture.
«Le questionnement sur le vivant est une quête qui a guidé mon existence»: c’est ainsi que Christine Nathan décrit le cheminement qui l’a menée d’abord à la médecine, et particulièrement aux neurosciences, puis à la sculpture.
Pour cette fille de chirurgiens-dentistes, née à Grenoble, les études médicales qu’elle fait à Paris sont une première réponse. D’ailleurs, elle fera une longue carrière de praticienne mais aussi de chercheur, à l’hôpital et dans le privé.
Mais tout en exerçant son métier, elle commence la sculpture, notamment elle en apprend les techniques auprès d’un sculpteur. «J’ai toujours eu besoin de créer et de chercher un sens à ce que l’on fait. Cela correspond à un besoin de partage. Le vivant, c’est le rapport avec les autres. En créant, on suscite l’émotion, c’est à dire le vivant. Pour moi, à un certain moment, il est devenu évident que le questionnement sur le vivant passe par la sculpture», explique Christine Nathan. Selon elle, cet art en trois dimensions qui fait travailler les yeux et les mains est «l’inverse de la mort». Elle explique: «J’invente une forme qui par l’étirement va vers l’éternité, et conduit le regard vers l’infini».
Après avoir mené pendant près de dix ans, une double activité, Christine Nathan décide, à 59 ans, d’abandonner la médecine et de se consacrer exclusivement à la sculpture. Finis les soirées et les samedis consacrés à l’exercice de son art, désormais, elle y passe tout son temps dans son petit atelier du XIIIè arrondissement de Paris.
Il est une autre influence que Christine Nathan tient à mentionner, c’est celle des îles et particulièrement celles de la Méditerranée. De Porquerolles à la Corse où sa mère faisait de la poterie, Christine Nathan a, depuis sa petite enfance, passé ses vacances dans les îles. «Le côté sauvage, aride, façonné par la mer m’a beaucoup marquée et inspire les formes que je crée car cela aussi symbolise la vie», analyse-t-elle.
Sur la manière des femmes d’exister dans l’art, Christine Nathan a plus d’interrogations que de certitudes. «Je ne saurais pas dire ce qu’il y a de féminin dans l’art», annonce-t-elle. Comme d’autres, elle fait le constat que les femmes ont longtemps été exclues de ce monde encore très masculin, notamment du côté des décideurs (galeristes, marchands d’art). Mais elle s’interroge aussi sur d’éventuels aspects purement féminins de la création. «Mettre au monde un enfant est une création. Est-ce que cela donne ou non le besoin de créer ailleurs?», s’interroge-t-elle.
Néanmoins, elle se dit «instinctivement» persuadée qu’il y a un «aspect féminin et un aspect masculin dans l’art». Et notamment le gigantisme, comme celui de l’oeuvre de Richard Sera ne symboliserait-t-il pas le pouvoir écrasant du masculin? « Je ne vois rien de comparable dans la création féminine», note-t-elle.


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